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Tarmed - La tarification des prestations doit être revue
Le système de tarification
des prestations médicales est à revoir. Un rapport du Contrôle fédéral des
finances (CDF) dresse une longue liste de critiques
Près de
sept milliards de francs sont facturés chaque année dans l'assurance maladie
de base au moyen du tarif médical Tarmed, élaboré par les assureurs, les
médecins, les hôpitaux et la commission des tarifs médicaux. S'il voit dans
Tarmed un grand progrès du fait que les prestations sont facturées de
manière uniforme, le Contrôle fédéral des finances (CDF) n'en juge pas moins
qu'une révision du tarif est impérative.
Dans son
rapport publié vendredi, cet organe égraine les défauts constatés. Les
différences de revenu entre médecins spécialistes, en haut de l'échelle, et
généralistes, en bas, se sont accrues au lieu de diminuer. D'une manière
générale, les bases de calcul de Tarmed sont lacunaires et obsolètes,
critique le Contrôle des finances
Il n'y a
pas forcément de lien entre le barème, le prix fixé pour les prestations et
la réalité des coûts. La facturation par temps passé chez le médecin ne suit
aucune systématique. Certains taux de productivité utilisés dans le calcul
des prestations ne sont pas justifiables. Les différences entre cantons sur
la valeur du point tarifaire ne sont pas basées sur des coûts effectifs mais
dues à des raisons historiques.
Dysfonctionnements
Regrettant
que la mise à jour du tarif se limite actuellement à des ajustements
mineurs, le Contrôle des finances pointe en outre du doigt le droit de veto
qu'a chacun des acteurs. En se bloquant mutuellement, ils risquent de
conduire le système à la rupture complète.
L'Office
fédéral de la santé publique (OFSP) en prend aussi pour son grade: il se
contente de regarder l'impact probable du tarif sur les primes mais ne
vérifie pas le caractère économique des prestations. Sans remettre en cause
l'autonomie des partenaires tarifaires, le CDF souhaite que la Confédération
joue un rôle plus important.
Imposer
des tarifs provisoires
Selon lui,
le Conseil fédéral devrait pouvoir édicter des tarifications provisoires si
les partenaires n'arrivent pas à se mettre d'accord dans un délai donné. Il
agirait sur la base de cas transmis par Monsieur Prix, à qui le CDF souhaite
offrir un statut d'observateur au sein de Tarmed Suisse.
Autre
recommandation: lorsqu'une prestation n'est pas tarifée, il devrait être
interdit de la facturer par analogie à d'autres. Le contrôle des factures
devrait en outre être facilité pour le patient: décompte simplifié et
mention de la durée des séances.
Selon le
CDF, ses propositions sont plutôt bien accueillies par les assureurs, les
cantons et la Surveillance de prix, qui suggèrent toutefois des
améliorations. Quant aux médecins et à l'OFSP, ils ne souhaitent pas voir le
rôle de la Confédération renforcé en cas de désaccords entre partenaires
tarifaires.
Soutien
parlementaire
La
Délégation parlementaire des finances estime quant à elle que le rapport est
une «bonne analyse de la situation» et qu'il y a lieu d'agir. Qualifiant les
blocages dans les négociations tarifaires de «problème majeur», elle invite
les différents partenaires tarifaires à faire, sur la base du rapport, des
propositions concrètes susceptibles d'améliorer la situation.
La
délégation souhaite par ailleurs discuter du rapport avec le ministre de la
santé Didier Burkhalter. Elle a décidé de transmettre parallèlement le
document aux commissions parlementaires de la sécurité sociale
12.10