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Info - Après 60 ans d’attente, le congé maternité est réalité.

Le congé maternité payé – 80% du salaire pendant 14 semaines - voit le jour en Suisse le 1er juillet. Cette «naissance aux forceps» aura duré 60 ans.

Accepté en votation le 26 septembre dernier, le congé maternité payé, financé par les allocations pour perte de gain (APG), s'applique aux femmes salariées, indépendantes ou travaillant dans l'entreprise de leur mari contre un salaire en espèces.

Durant quatorze semaines, elles toucheront 80% du salaire moyen reçu avant l'accouchement, mais au plus 172 francs par jour.

L’introduction d’une assurance maternité en Suisse peut être considérée comme une grande victoire pour les femmes. En réalité, c’est plutôt un de ces «serpent de mer» dont la politique helvétique a le secret.

Premièrement parce qu’il a fallu une «éternité» - 60 ans soit près de deux générations – jusqu’à ce qu’un article constitutionnel soit enfin traduit dans la loi. Et encore, la solution adoptée est loin d’être parfaite.

Explication: le 25 novembre 1945, il revient aux hommes suisses – les femmes n’ont obtenu le droit de vote au niveau fédéral qu’en 1971 – d’inscrire un article constitutionnel sur la protection de la famille. Ce dernier prévoit la mise en place d’une assurance maternité.

Deuxièmement, parce que le modèle suisse se situe loin derrière la plupart des solutions adoptées dans les pays de l’Europe de l’Ouest et de l’Europe du Nord.

Pas uniquement en raison de la lenteur de sa concrétisation, mais aussi au niveau des prestations qu’elle offre. Avec un congé maternité de pas moins de 69 semaines, la Suède se montre beaucoup plus généreuse, avec respectivement 42 et 22 semaines, l’Italie et la Norvège ne sont pas en reste

 
Régime transitoire...

Le droit à l'indemnité totale s'appliquera dès le 1er juillet 2005. Une allocation partielle sera toutefois versée pour les enfants nés moins de quatorze semaines avant l'entrée en vigueur, soit dès le 26 mars.

Les mères recevront alors des indemnités journalières jusqu'à ce que la période de quatorze semaines depuis la naissance soit écoulée.

Par exemple, pour un enfant né deux semaines avant le 1er juillet, la mère aura droit aux allocations durant douze semaines. En revanche, si l'enfant naît plus de quatorze semaines avant l'entrée en vigueur du nouveau droit, celui-ci ne s'appliquera pas du tout.

Si la mère a droit au versement de son salaire selon le code des obligations, ce droit reste acquis au-delà du 1er juillet pour les naissances survenues avant cette date. En contre-partie, la caisse de compensation AVS (assurance-vieillesse) versera à l'employeur, aussi longtemps que celui-ci continue à octroyer le salaire, les prestations de la nouvelle allocation de maternité.

Les assurances conclues à titre privé ou par l'employeur seront quant à elles caduques dès le 1er juillet. Les primes versées en trop seront remboursées.

Les mères percevant de telles indemnités avant l'entrée en vigueur du nouveau droit continueront à les recevoir, même si elles bénéficient dès le 1er juillet de la nouvelle allocation de maternité. Mais si le total des indemnités versées dépasse le salaire assuré, l'assureur pourra réclamer à la caisse de compensation AVS le versement de la part supérieure.
 
Militaires aussi...

Dans la foulée, les allocations pour les personnes faisant du service militaire, civil ou de protection civile seront relevées à partir de juillet 2005. Les APG passeront de 65 à 80% du salaire. L'allocation versée aux recrues et l'allocation de base pour les personnes sans activité lucrative passera de 43 à 54 francs par jour.

6.2005

 
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