La hausse des primes de l'assurance maladie de base (obligatoire
en Suisse) sera certainement plus forte pour 2006 qu'elle ne
l'avait été pour 2005,
a annoncé lundi le concordat des assureurs maladie.
Hausse des coûts
Pour fixer les montants dus par les
assurés, les caisses se basent sur la croissance des coûts. Or,
selon l'organisation, les coûts nets de la santé à charge de
l'assurance de base ont progressé de 6,4% l'an dernier.
Lundi, les assureurs ont désigné les responsables, selon eux, de
l'explosion des coûts de la santé. Le directeur de Santésuisse
Marc-André Giger incrimine ainsi la hausse des coûts
hospitaliers, des médecins et des médicaments.
A la veille de l'examen par le Conseil des Etats (Chambre haute)
du volet de la loi sur l'assurance maladie (LAMal) portant sur
le financement des hôpitaux, Santésuisse a aussi fait part de
ses revendications politiques.
Elle demande ainsi la mise sur pied d'égalité des traitements
hospitaliers et ambulatoires, de même que des hôpitaux privés et
publics.

Pas touche aux réserves
Pour réduire les coûts, il n'est en
revanche pas question de toucher aux réserves des assureurs. Le
vice-président de Santésuisse Manfred Manser a vivement critiqué
la proposition de Pascal Couchepin qui avait suggéré de réduire
le taux minimal de ces réserves de 15% à 10% dans les cinq ans.
Selon l'organisation faîtière, cette réduction serait
«dangereuse». Elle estime que le taux de réserve moyen de toute
la branche (16,5% en 2004) correspond au taux minimum et n'offre
pas de marge de manoeuvre.
Obligation de contracter
Par ailleurs, Santésuisse continue
de batailler en faveur de la levée de l'obligation de
contracter. Aux yeux de son président Christoffel Brändli, la
possibilité pour une caisse maladie de choisir les médecins
qu'elle veut rembourser ou non constitue le «seul moyen de
discuter les prix».
Enfin, le vice-président de Santésuisse Pierre-Marcel Revaz a
remis en question le principe de la prime unifiée. Le directeur
valaisan de la caisse Groupe Mutuel réclame des primes plus
élevées pour les plus de 50 ans, jugeant «scandaleux» que les
20-30 ans doivent payer pour les plus âgés.