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Info - Quel avenir pour le 2e pilier qui risque
                                             de ne plus peser lourd dans 7 ans...

Cet automne, le Conseil fédéral devrait diminuer la rémunération minimale des avoirs vieillesse liés à la part obligatoire de la prévoyance professionnelle, puis, plus tard, le taux de conversion du capital en rente.

Les rendements bruts moyens des caisses de pension s'effondrent: 2,1% l'an dernier contre 6,36% en 2006 et 11% en 2005.

D'ici sept ans, notre 2e pilier risque de ne plus peser bien lourd. Nombre d'assureurs militent en effet pour un traitement de choc. Et tout commencera dès cet automne.

La rémunération minimale qu'assureurs privés et caisses autonomes doivent payer sur les avoirs vieillesse, liés à la part obligatoire du deuxième pilier, s'élève à 2,75% depuis le début de l'année. «Ce taux doit être réduit. Sans aucun doute! Nous devrions nous diriger vers un 2%», estime le directeur de l'Association suisse des caisses de pension, Hanspeter Konrad.

Descente aux enfers...

Il s'agirait d'une véritable descente aux enfers de l'institution du 2e pilier. Obligatoire dès qu'un revenu annuel atteint 19 890 francs, cette composante de notre retraite, constituée par capitalisation, a vu le jour en 1985. Elle est née avec une rémunération minimale de 4%.

Celle-ci n'a cessé de fléchir au fil du temps, jusqu'à 2,25% en 2004. Ce déclin avait commencé juste avant l'effondrement des marchés de mars 2003. En juin 2007, alors que les valeurs suisses caracolaient sur des sommets historiques, l'Union syndicale suisse (USS) revendiquait une rémunération minimale des avoirs vieillesse à 3%.

Trois mois plus tard, alors que les prémices d'une crise financière se faisaient déjà sentir, le Conseil fédéral cédait tout de même un quart de point de hausse, à 2,75%.

Aujourd'hui, la fortune de la part obligatoire du 2e pilier, estimée à quelque 650 milliards de francs, ne cesse d'aggraver ses pertes: 20 milliards de francs entre novembre et décembre 2007, 30 milliards au premier semestre de cette année si l'on se fie aux données de la Banque Pictet & Cie et du Credit Suisse et 55 milliards si l'on se réfère à celles de State Street Investment Analytics (filiale zurichoise d'un établissement londonien).

Pas de panique!

«La situation actuelle des caisses de pension ne s'avère guère favorable, certes. Il n'y a toutefois aucune raison de paniquer. Les retraites ne sont pas en danger», assure Colette Nova, membre du secrétariat central de l'USS. Il est vrai que les pertes évoquées gardent un caractère en grande partie purement comptable. La capitalisation moyenne des caisses autonomes et semi-autonomes, financièrement moins solides que les assureurs privés, s'approchait en outre des 115% à la fin 2007. Leur sécurité financière semble donc préservée.

Il n'empêche que les rendements bruts moyens des caisses de pension s'effondrent: 2,1% l'an dernier contre 6,36% en 2006 et 11% en 2005, selon la fondation Swisscanto (entreprise commune aux Banques cantonales et Helvetia Patria); 2,04% en 2007 contre 6,58% en 2006, selon le Credit Suisse. Et cette chute de la profitabilité s'est encore prolongée au premier trimestre de cette année, alors que les coûts des caisses de pension exigent un taux de rentabilité minimal situé entre 4% et 5%.

Dans ce contexte, un membre de la commission fédérale LPP (constituée d'experts et de partenaires sociaux chargés de livrer au Conseil fédéral leurs recommandations en matière de prévoyance professionnelle), Olivier Deprez, préconise d'imposer des règles de flexibilité aux retraités eux-mêmes: le niveau de leurs rentes varierait ainsi en fonction des aléas conjoncturels, comme le rendement du 2e pilier des actifs.

Retraites amaigries...

Soutenue par l'Union patronale suisse et l'Association suisse des caisses de pension, l'érosion de la rémunération minimale des avoirs vieillesse liés à la part obligatoire du second pilier ne fait de loin pas l'unanimité. «Nous appartenons au camp de ceux qui veulent favoriser au maximum les assurés et les retraités. Un taux obligatoire à 2,5% n'a dès lors aucun sens au regard des rendements annuels composés réalisés au cours des vingt dernières années. Une limite aussi basse encourage la médiocrité», nous confiait au début de l'année Michel Thétaz, fondateur de Independent asset management (IAM), société genevoise spécialisée dans la gestion d'actifs.

Pas moins virulent Récemment cité dans Le Temps, le président de la société de gestion morgienne Fundo ne se montre pas moins virulent: «On pilote aujourd'hui 600 milliards de francs de capital de prévoyance professionnelle avec une visibilité d'un an. Si les caisses ne donnent que 2% de rémunération l'année prochaine, ce taux aurait dû être de 6% en 2005, année où le SMI avait progressé d'un tiers et l'indice Pictet LPP 40 (portefeuille doté de 40% d'actions) gagnait 14,5%.»

Près d'un quart en moins!

Mais le débat du jour porte aussi sur le taux de conversion du capital à la rente au moment de la retraite (actuellement 7,1% pour les hommes et 7,2% pour les femmes). La loi fera chuter ce taux à 6,8% dans moins de six ans, tandis que des assureurs revendiquent déjà un taux de 5,4% pour 2015. Autrement dit une rente annuelle de 5400 francs sur un capital de 100'000 francs dans sept ans, au lieu de 7100 francs aujourd'hui.

 

7.2008

 
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